 
Travail
Pendant que vous êtes salarié
Vous êtes délégués du personnel
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Des élections viennent de se dérouler dans mon entreprise, désignant, pour
la première fois, des délégués du personnel et c'est à moi qu'échoit le dur
privilège de cette responsabilité. Mon patron affirme quil nest pas tenu de
me recevoir à ce titre. Il prétend notamment qu'il ne le fera que si je lui remets des
questions écrites. En a-t-il le droit ?
Larticle L.4244 du Code du Travail prévoit que les
délégués sont reçus par le chef détablissement, ou son représentant, au moins
une fois par mois. L'absence d'une telle réunion ne peut être justifiée que par le
refus ou la défection des délégués euxmêmes (arrêt
de la Cour de Cassation,
Chambre Criminelle du
18 mai 1989).
Larticle L.4245 du Code du Travail stipule que, sauf
circonstances exceptionnelles, les délégués du personnel remettront à l'employeur une
note écrite exposant lobjet des demandes qui lui seront présentées, deux jours
ouvrables avant la date où ils doivent être reçus. Ils recevront alors une réponse
écrite dans les six jours ouvrables suivant la réunion.
Les demandes des délégués et les réponses motivées de lemployeur sont
transcrites sur un registre spécial, ou y sont annexées. L'employeur n'est pas dispensé
de tenir la réunion à la date prévue si les délégués ne lui font parvenir aucune
demande écrite. Il pourra se contenter de ne pas répondre à toute réclamation verbale
qui n'aura pas été précédée d'une note préalable (arrêt
de la Cour de Cassation,
Chambre Criminelle du
22 octobre 1975).
En tant que délégué syndical j'ai envoyé un mail aux adhérents de mon syndicat. Le représentant d'un autre syndicat en a eu une copie par je ne sais qui et l'a divulgué auprès de tous les collègues de l'entreprise y compris la direction, assorti de qualifications insultantes envers ma personne. Est-ce qu'il a le droit de divulguer mon courrier qui a été envoyé à certaines personnes ?
En vertu des règles relatives au secret des correspondances, l'attitude décrite semble être a priori illégale et passible de poursuites pénales.
Cela dit, l'envoi groupé même à un nombre limité de personnes sort aussi du cadre de la correspondance privée.
Par conséquent, il vaut mieux soutenir que la personne qui a diffusé le message n'en était pas destinataire à l'origine et qu'elle n'avait aucun droit d'en faire usage, a fortiori publiquement.
Sur les qualifications insultantes, si elles sont clairement erronées, l'acte relève de la diffamation publique puisque la seconde diffusion du document a été faite à l'ensemble des salariés et dirigeants de l'entreprise.
Il est préférable de soumettre le cas à un avocat qui étudiera l'opportunité des poursuites.