Que risquent des joueurs en ligne sur des casinos illégaux ? (SEPTEMBRE 2007) Un casino, selon la législation française et plus
particulièrement selon la loi du 15 juin 1907 et du 5 janvier 1988, ne peut
être ouvert légalement que sur accord du ministère de l’intérieur soit suite à
une demande expressément formulée par une station balnéaire, thermale ou
climatique, soit suite à une demande expressément formulée par une ville
principale d’une agglomération de plus de 500 000 habitants possédant un
opéra et un orchestre lyrique. Il s’agit d’un premier frein à l’implantation légale des
casinos en ligne : celle-ci ne pourrait à priori être réalisée que par les
acteurs susvisés. Cependant, l’essence même de la loi n’aurait plus lieu d’être
dans le cas d’une telle implantation « virtuelle », le réseau des
réseaux étant accessible en dehors des seules limites géographiques fixées par
la loi. C’est ainsi que l’accord du ministère de l’intérieur ne peut
être délivré que pour les seules activités de casinos qui s’exercent dans des
locaux physiques et non simplement virtuels. L’illégalité de tels casinos sur
internet ne fait donc aucun doute. Il n’en reste pas moins que de très nombreux casinos
exercent à l’heure actuelle leur activité sur internet, que leur serveurs
soient basés en France ou à l’étranger (ou cette activité est parfois
légalisée), et que de nombreux joueurs peuvent donc techniquement y participer.
Il ne va pas sans dire que ces joueurs risquent de réels dangers à participer à
une telle activité. Le principal risque juridique est celui d’être considéré par
la loi pénale comme complice (articles L 121-6 et L 121-7 du code pénal) de
l’activité exercée par le casino virtuel. Cependant, le degré et la fréquence
de participation au jeu doivent être d’une réelle importance pour encourir la
sanction prévue par la loi du 12 juillet 1983, c'est-à-dire un maximum de 30000
€ d’amende. Mais les risques principaux restent bien entendu, à l’heure
actuelle, induits par l’illégalité de tels casinos. Les joueurs n’ont en effet
aucune assurance de récupérer leurs gains, d’autant que l’article 1965 du Code
civil n’accorde aucune action en justice pour une dette de jeu ou d’un pari
contractée dans le cadre d’une telle activité. Le risque est également technique, de tels casinos n’étant
pas soumis à vérification de leurs algorithmes de gains. Vous ne possédez donc
pas l’assurance, à contrario des casinos physiques, d’avoir l’espérance même
d’un réel gain. |